Gérard Borvon.
La résistance des habitants de la pointe du Finistère à l'installation d'une base de sous-marins nucléaires à l'Île Longue, dans la presqu'île de Crozon, ainsi que les multiples manifestations sur le site, rappelées dans cet ouvrage, remettent en cause le prétendu « consensus » français sur l'armement nucléaire. Alors que le président de la Russie, dans la guerre qu'il a déclarée à l'Ukraine, a menacé de l'usage de l'armement nucléaire, la crainte d'être la cible d'une frappe préventive a retrouvé de l'actualité en France et en particulier en Bretagne.
Du Sahara à la Polynésie, en passant par le site d'assemblage des missiles nucléaires de l'Île Longue, le livre dénonce les nombreuses victimes des essais nucléaires et de l'industrie nucléaire militaire française. Alors que le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité seront déjà laissés en héritage à nos descendants, la nécessité d'une initiative forte de la France s'impose, dès à présent, pour rompre avec la menace de l'apocalypse nucléaire.
Table des matières.
Alors que nous luttions contre le projet de construction d’une centrale nucléaire à Plogoff, dans la pointe du Raz, certains de ses partisans nous interpellaient : « vous luttez contre une pacifique centrale électrique, mais vous oubliez que vous avez à votre porte, à L’Île Longue, une base de sous-marins nucléaires dont les missiles sont destinés à faire des millions de morts » .
Erreur, nous n’avions pas oublié !
A peine un mois après l’élection de François Mitterrand en mai 1981, qui annonçait l’arrêt du projet de Plogoff, nous étions nombreux à manifester dans la presqu’île de Crozon pour rappeler que le nucléaire c’est aussi, et d’abord, la bombe nucléaire. Nous n’avions pas attendu que le président Macron vienne au Creuzot déclarer que « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil », nous le savions déjà pour bien connaître l’histoire du nucléaire en France dont le premier des objectifs avait été l’arme nucléaire. La version civile ne nous avait pas encore donné la preuve de sa dangerosité avec Tchernobyl et Fukushima par contre le militaire n’avait rien à prouver depuis Hiroshima et Nagasaki. Le message que nous voulions alors adresser à nos concitoyens a pris une inquiétante actualité avec l’agression de la Russie contre l’Ukraine.
A partir de ce mois de Juin 1981, les occasions n’ont pas manqué de nous voir, à nouveau, manifester dans la presqu’île de Crozon : crise des euromissiles dans les années 80, reprises des essais nucléaires en Polynésie en 1995, essais de nouveaux missiles français au sud de la Bretagne, commémoration annuelle, au sommet du Menez Hom, des bombardements de Hiroshima et Nagasaki… A chacune de ces occasions revenait le souvenir de la résistance des habitants de la presqu’île quand, en l’année 1965, leur avait été faite l’annonce de la construction d’une base de sous-marins nucléaires à l’Île Longue. Dans un monde de plus en plus instable, il nous semble nécessaire de rappeler toutes ces actions qui contredisent le prétendu consensus de la population française en faveur de la force de frappe.
Sans même avoir été utilisée, l’arme nucléaire française a déjà fait bien des victimes. Nous voulons faire entendre le témoignage des civils et militaires exposés, en connaissance de cause, aux retombées radioactives et aux rayonnements nucléaires. Ils nous parlent du Sahara, de la Polynésie et même de l’Île Longue.
Comment également ne pas voir le monde qui s’annonce. La pollution généralisée de l’air, des terres et des océans, la disparition accélérée des espèces animales et végétales, la crise climatique dont les conséquences extrêmes sont de plus en plus visibles. Et à nouveau le spectacle de guerres dont les populations civiles sont les premières victimes. Nous ne pouvons pas laisser en prime à nos descendants la menace permanente de l’anéantissement par l’apocalypse nucléaire.
Une lueur d’espoir cependant : Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) qui a été adopté à l’ONU par 122 pays et est entré en vigueur le 22 janvier 2021. La fin de l’histoire n’est pas écrite. Nous pouvons agir pour que la France, donnant le signal de la mobilisation pour un monde plus apaisé, renonce à son armement nucléaire.
7. Préface.
11. La presqu-île du bout du monde. (voir)
15. La presqu-île entre en résistance. (voir)
37. 27 juin 1981. 1500 manifestants à Crozon. (voir)
43. La Bretagne au cœur de la cible nucléaire. (voir)
53. Ne pas protéger la population. Le choix des stratèges de la dissuasion.(voir)
69. Du Larzac à l’Île-Longue. Résister à la menace des Pershing et des SS20. (voir)
81.1995. Stop Essais ! 15000 manifestants devant la base des sous-marins nucléaires de l'Île Longue. (voir)
87. Du Sahara à la Polynésie. Les irradiés des essais nucléaires. (voir)
95; Omerta sur les irradiés de Mangareva. (voir)
107. Les irradiés de l’Île-Longue. (voir)
Des livres pour aller plus Loin.
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Exigez ! Un désarmement nucléaire total, Stéphane Hessel. Stéphane Hessel et Albert Jacquard.
Stéphane Hessel et Albert Jacquard conjuguent leur voix pour lancer un appel au désarmement nucléaire total, en complément d'un état des lieux établi avec l'Observatoire des armements. Parce que l'existence de ces armes menace le destin de l'Humanité. Parce que les arsenaux du monde entier contiennent l'équivalent de 60 000 bombes de la puissance de celle d'Hiroshima. Parce que l'Iran, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détiennent ces armes dans un contexte géopolitique d'une extrême fragilité. Parce que l'avènement de l'ère nucléaire militaire, toute force de dissuasion, tout équilibre de la terreur, sont devenus de tragiques illusions. Parce qu'il n'est pas trop tard, et qu'une prise de conscience et une sensibilisation du public s'imposent.
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Repenser les choix nucléaires. La séduction de l'impossible. Benoît Pelopidas.
À en croire la parole officielle, les experts et la presse, les armes nucléaires prolifèrent dans le monde et cet état de fait serait immuable. Ainsi, la politique française ne fait pas débat. Elle repose sur trois postulats : efficacité de la dissuasion nucléaire, absence de risque grâce à un contrôle adéquat, responsabilité morale et politique du chef de l'État, seul habilité à déclencher le feu nucléaire.
Parce qu’en démocratie, il est crucial que les choix nucléaires s’appuient sur la discussion publique d’alternatives cohérentes, cet ouvrage donne au citoyen, à l’élu, au militaire et à l’éducateur les moyens de se forger un avis sur un sujet aussi essentiel que réputé intouchable.
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