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A vol d’oiseau, il y a 30 kilomètres entre Plogoff et la base de sous-marins nucléaires de l’Ile Longue dans la rade de Brest.

Comment ! nous disaient certains, quand nous luttions contre la centrale de Plogoff, vous vous battez contre une inoffensive centrale et vous oubliez que vous avez à votre porte de quoi provoquer la mort de millions de personnes ?

Erreur, nous n’oublions pas.

La série d'articles qui suit en témoigne.

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Janvier 2017. La violence se déchaîne partout dans le monde (guerre en Syrie, en Irak, au Mali, attentats en France...) et s’affiche chaque jour dans les médias. Avec un groupe d’amis nous parlons de guerre et de paix autour d’un pot au "Réveil matin" à Landerneau. 

 

"La géographie a peut-être fait de Brest un haut lieu de notre destin". Ainsi parlait De Gaulle en ce jour de février 1965 alors qu’il regagnait Brest après une visite sur le site de l’école navale à Lanvéoc Poulmic dans la presqu’île de Crozon.
 
Janvier-février 1981. Les comités qui luttent contre l’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff dans la Pointe du Raz sont persuadés, après la forte résistance qui a marqué l’enquête publique , que la victoire est au bout de leur combat. 
 
Le numéro 11 du journal Nukleel consacré au nucléaire militaire sous le titre "Au cœur de la cible" rendait compte d’un "Rapport sur le niveau de protection de la population civile française en temps de crise" publié "au nom de la commission des finances", daté d’avril 1980 et signé des sénateurs Marcellin et Bonnefous .

 

On avait tout fait pour nous persuader que l'arme nucléaire était une arme de paix. Cette certitude affichée reposait sur un principe simple : la stratégie anti-cités ou plus exactement la  "Destruction Mutuelle Assurée" par des missiles capables de détruire les principales villes du pays adverse. Par exemple ceux qui équipaient nos "terribles" et "triomphants" sous-marins nucléaires. Cette "dissuasion" partait du principe qu'aucun chef d'état ne serait assez fou pour provoquer la destruction, en retour, de son propre pays. Relever ici le cynisme, en anglais destruction mutuelle assurée se dit MAD (Mutual Assured Destruction ou ) signifiant tout simplement fou !
 
13 juin 1995. Quelle mouche a piqué Jacques Chirac ? A peine un mois après son élection il annonce, lors de sa première conférence de presse présidentielle, que la France va reprendre ses essais nucléaires dans le Pacifique !

 

Jean-Henry Bouffard, retraité de la marine a effectué deux campagnes dans le Pacifique et témoigne : " La pire des bombes a été Canipus, dans l’atoll polynésien de Fangataufa en 1968. 400 fois Hiroshima... Les poissons et les cocotiers ont tous grillé. La piste d’atterrissage a fondu. A 10 km, j’ai filmé le champignon. En short et en sandalettes. Au moment de l’explosion, on tournait juste le dos pendant 10 secondes."
 

 

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