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Plogoff an Arvest. Plogoff, chanté et dansé.

vendredi 11 avril 2008

 

Quimper - Création. « Plogoff » chanté et dansé (Télégramme)

 

Toujours plus fort. Le cercle celtique Korriged Is s’attaque à Plogoff. Leur précédent spectacle nous avait conduits Outre-Atlantique au début du XX e siècle. Cette fois, ce voyage dans les années 1980 s’annonce encore plus décoiffant.

Rares sont les créateurs qui se coltinent l’histoire récente. Quand un cercle celtique, dont l’appellation renvoie toujours aux chorégraphies classiques s’attaque au ballet antinucléaire entre manifestants et CRS, on frise l’inconscience. Ou alors, il faut être Douarneniste.

 

Deux ans de préparation

Après « War an Aod », tableau au final ébouriffant des grèves sardinières de 1924, « Je te dirai » approfondissement du nouveau concept de comédie musicale bretonne qui touchait avec sensibilité l’histoire de la guerre 14-18, les Korriged Is présenteront le 26 avril prochain à Douarnenez, leur troisième création d’envergure. « Nous y travaillons depuis deux ans », explique Gildas Sergent, le concepteur et chorégraphe. Le spectacle sera cette fois un peu plus léger techniquement et matériellement que le précédent.
Sa complexité avait limité sa diffusion à une dizaine de représentations. L’esprit de « Plogoff » restera le même : une création mêlant danseurs, musiciens, acteurs et chanteurs avec toujours des séquences filmées.

« J’y étais »

Mais pourquoi Plogoff, dont les événements autour du projet de centrale nucléaire remontent à une trentaine d’années ? « J’y étais, dit Gildas. La présidente du cercle a aussi connu cette époque. Les autres l’ont découverte en interrogeant leurs parents ».

« Changer les choses ensemble »

« J’en avais un peu entendu parler, dit François-Baptiste Drévillon, qui n’était pas né à l’époque. Pour moi, il s’agissait de manifestations comme celles que j’ai pu connaître étudiant. Je n’avais pas imaginé la durée de ces événements, le fait qu’ils ont fait reculer le pouvoir, fait perdre des élections à certains. C’est impressionnant. Nous nous sommes tous demandés si aujourd’hui, les gens seraient capables de le refaire ». « Plogoff nous a intéressés car ces événements nous interrogent sur notre envie de vivre ensemble, de changer les choses ensemble à une époque ou l’individualisme domine », continue Gildas Sergent. « Notre approche est plus engagée sur la forme, la méthode qui a provoqué la résistance de la population que sur le fond du débat nucléaire lui-même. Il y a des moments d’émotion ».

Musique et chants

Restait à créer une trame, une ambiance avec musiques et danses. « Nous avons choisi de travailler avec le groupe Mad Eo, dont les musiciens se servent de nombreux instruments différents. Ils ont créé de nombreuses musiques. Il y a aussi bien sûr la reprise de chansons de l’époque, notamment avec Jean-Pierre Quéré ». « Quant aux danses, elles traduisent dans leur forme, communautaires puis frontales jusqu’à la violence, la tension de l’histoire ». Gildas Sergent a aussi travaillé avec des images des cinéastes bigoudens Le Garrec et d’autres personnages de l’époque. Quant aux costumes, le cercle celtique les a cette fois jetés aux orties. Plogoff fut aussi, dix ans après, le mai 1968 de toute une génération de jeunes Bretons.

Ronan Larvor


L’invitation au spectacle

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Une nouvelle génération prendra peut-être la relève pour de nouveaux combats ?


Un spectacle réussi

 



Voir la présentation vidéo


Pour en savoir plus

Plogoff, un combat pour demain.

C’est un livre.

C’est d’abord la chronique du premier combat victorieux contre le lobby nucléaire : celui de la population de Plogoff dans la Pointe du Raz et des comités qui la soutenaient.

C’est aussi un document utile à tous ceux qui, aujourd’hui, reprennent ce combat.

 

PLOGOFF, il y a 25 ans une victoire contre le nucléaire. Le livre.

Plogoff a gagné ! En moins d’une seconde la joie explose, dans le local de Radio-Plogoff, en ce 10 mai 1981.

Pour la première fois, une résistance de cinq ans, marquée par les affrontements de six semaines d’enquête publique, a fait reculer le colosse EDF et le lobby nucléaire.

Près de 25 ans plus tard un livre, "Plogoff, un combat pour demain" retrace les étapes essentielles de cette lutte. Il nous mène à la Pointe du Raz mais il s’inscrit également, de Malville au Larzac, dans le contexte des luttes menées en France dans les années 1970/1980.

Il parle de Three mile Island, de Tchernobyl et des risques que nous fait courir la dissémination nucléaire.

Il parle de l’effet de serre, du réchauffement climatique et rappelle l’espoir né à Plogoff d’expérimenter, à une échelle locale une politique d’économie d’énergie et de développement des énergies renouvelables.

Il rappelle les promesses non tenues et les 20 années perdues.

Ecrit, avec une volonté narrative, c’est un travail de mémoire qui, au-delà du mythe de Plogoff, cherche à situer les responsabilités politiques d’hier et d’aujourd’hui au moment où le gouvernement français relance la politique de dissémination nucléaire de la France au travers des centrales EPR (European Pressurised Réactors).

Venue trop tard, la victoire de Plogoff, malgré la solidarité active apportée aux autres sites, n’a pas permis d’infléchir le premier programme nucléaire français. Puisse l’expérience de cette lutte aider, aujourd’hui, ceux qui, à Flamanville et ailleurs reprennent le flambeau.

L’auteur : Gérard Borvon a été l’un des participants actifs de la lutte contre l’installation d’une centrale nucléaire en Bretagne. Il a, en particulier été l’un des rédacteurs du journal "NUKLEEL ?", le journal de la coordination des Clin (comités d’information nucléaire). Il en a conservé une abondante documentation.

Contact : Gérard Borvon 20 rue des frères Mazéas 29800 Landerneau. Tel. : 02 98 85 12 30

On peut commander le livre "Plogoff, un combat pour demain" : en adressant un chèque de 19 euros (15 euros+ 4 euros de port) à : Gérard Borvon 20 rue des frères Mazéas 29800 Landerneau. (réductions possibles pour commandes en nombre)

PLOGOFF, il y a 25 ans une victoire contre le nucléaire. Les affiches, les autocollants.

 


Plogoff, Le film

Plogoff, février 1980 : toute une population refuse l’installation d’une centrale nucléaire à quelques encablures de la Pointe du Raz, face à l’île de Sein. Nicole et Félix Le Garrec ont filmé jour après jour ces luttes quotidiennes et ont réalisé en 1981 un documentaire long métrage "Plogoff, des pierres contre des fusils".

"Plogoff est à 30 km de la maison. Situé sur la Pointe du Raz, le projet de centrale nucléaire qui voit le jour en 1978 concerne toute la région. Lorsque l’enquête d’utilité publique s’ouvre le 31 janvier 1980, nous sommes venus, Nicole et moi (Félix), soutenir la population de Plogoff, donc sans caméra. Mais devant l’ampleur du mouvement et la présence massive des forces de l’ordre (800 gardes mobiles), nous avons pris la décision de faire un film : Nicole à la réalisation, Jacques Bernard, preneur de son, et moi à la caméra.

Nous n’avions pas l’intention de faire un long métrage, seulement un document témoignage d’une vingtaine de minutes. Les évènements vont en décider autrement. Un fait nous mobilise définitivement : l’arrestation de retraités marins-pêcheurs et leur procès, alors que le procureur de la République de Quimper prétend que des "trublions chevelus et barbus" sont à l’origine des manifestations.

Ce sont bien les gens de Plogoff et plus particulièrement les femmes qui tiennent tête aux gardes mobiles, et cela tous les jours pendant un mois et demi.

Nous sommes restés sur place, hébergés chez l’habitant pendant deux mois. Nous avons travaillé jour et nuit, jusqu’à nous faire oublier des gens de Plogoff, et même des gardes mobiles.

L’aspect financier de l’entreprise m’inquiétait. Nous avons vendu du terrain, fait des emprunts pour payer les laboratoires. Nous n’avons reçu aucune aide de qui que ce soit.

Des pierres contre les fusils

La "messe" de 17 heures, les barrages en feu, les perquisitions, les emprisonnements...
Le film présente le combat des gens de Plogoff et du Cap Sizun, dont l’épisode le plus spectaculaire restera pour longtemps l’affrontement des femmes avec les gardes mobiles !

"Mon problème constant était de ne pas filmer les manifestants en trop gros plan afin qu’ils ne puissent pas être reconnus, comme beaucoup l’ont été par des photos, et ensuite arrêtés.

Il y avait sur place des journalistes de "Ouest France" et du "Télégramme" qui nous ont donné leurs photos pour qu’on les utilise dans le film, et pour la promotion.
Nous avions une table de montage et un studio d’enregistrement, donc toutes les finitions ont été faites chez nous.

Ce film n’aurait pu se faire si nous n’avions pas été totalement acceptés par les gens de Plogoff, nos voisins.

Nicole et Félix Le Garrec

Ce film documentaire a fait l’objet d’une diffusion dans les salles de cinéma en 1981 et a totalisé plus de 250 000 entrées.

COMMANDER LE DVD

(Prix de vente du DVD "Plogoff, des pierres contre des fusils" : 22€ + 5€ de frais de port. Chèque à l’ordre de Félix Le Garrec.) .

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