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jeudi 5 juillet 2012, par Gérard Borvon

 

A vol d’oiseau, il y a 30 kilomètres entre Plogoff et la base de sous-marins nucléaires de l’Ile Longue dans la rade de Brest.

Comment ! nous disaient certains, quand nous luttions contre la centrale de Plogoff, vous vous battez contre une inoffensive centrale et vous oubliez que vous avez à votre porte de quoi provoquer la mort de millions de personnes ?

Erreur, nous n’oublions pas.


Article écrit à l’origine pour "Plogoff, un combat pour demain" (éditions Cloître 2005)

première mise en ligne : avril 2010.


 

L’histoire du nucléaire militaire commence pour nous le 18 février 1965.

 

De Gaulle, en visite à Brest et Crozon, nous décrit notre futur :

"La géographie a peut-être fait de Brest un haut lieu de notre destin".

Phrase "historique" pour nous annoncer qu’une base de sous-marins nucléaires allait être construite dans la Presqu’île de Crozon à "l’Ile Longue", couplée à un entrepôt de missiles nucléaires sous la colline de Gwenvenez.

La géographie ? Chacun sait ici que la rade est une nasse. Aucun sous-marin ne peut en sortir sans être repéré et il lui faut encore une belle route avant d’atteindre les hauts fonds. Mais le Finistère, ce nez cabossé sur le visage de la France est une cible commode. On peut espérer qu’une frappe préventive y fera moins de dégâts qu’ailleurs.

Dans la presqu’île l’annonce fait l’effet d’une bombe. La base c’est aussi l’expropriation de 400 propriétaires et de 6 exploitations agricoles. C’est la côte appropriée par l’armée. Une résistance s’organise : tracts, manifestations, appel aux élus. Le Conseil Général du Finistère, pourtant à majorité gaulliste, soutient la population. Il "s’élève énergiquement contre ces mesures qui risqueraient de réduire à néant tous les efforts entrepris en faveur de l’Industrialisation du département, dont le but essentiel, surtout à une époque où l’exode rural va croissant, est de fournir des emplois à la population du Finistère.".

Le conseil général voit juste. Déjà le nord de la rade de Brest, totalement militarisé, n’a aucun espoir de voir augmenter l’activité commerciale de son port. Avec une deuxième base au sud, inutile de rêver à un quelconque développement.

 

Hélas, nous sommes à une époque où les mobilisations populaires, les associations de citoyens, de consommateurs, de protection de l’environnement, ne sont pas encore à l’ordre du jour. L’état gaulliste c’est le garde-à-vous, la radio et la télévision au service du pouvoir. Aussi méritants soient-ils, les gens de Crozon auront mené un combat "pour l’honneur".

Le chantier s’ouvre en 1967. C’est alors le plus important d’Europe : quatre millions de m3 de terrassement, 12 millions de tonnes de matériaux déplacés ( deux fois et demi le tonnage déplacé lors de la construction du tunnel du Mont-Blanc), 5500 tonnes de charpentes métalliques (le poids de la Tour Eiffel). Les Brestois voient, à travers la rade, une tache brune s’élargir peu à peu.

Bientôt, l’un après l’autre, des sous-marins, aux noms à faire trembler dans les chaumières, rejoignent leur tanière. Le "Redoutable" en 1971, le "Terrible" en 1973, le "Foudroyant" en 1974, l’ "Indomptable" en 1976, le "Tonnant" en 1980. Ils seront suivis par l "Inflexible", le "Triomphant" et encore le "Téméraire".

 

 

Années 80. L’Europe sous tension nucléaire.

 

En 1980, une nouvelle a commencé à circuler dans les couloirs du conseil général du Finistère, elle est d’ailleurs relayée par la presse nationale : une nouvelle base de sous-marins nucléaires est projetée au Cap de la Chèvre, sur la côte sud de la presqu’île de Crozon. Une mobilisation s’impose.

Les Clin (comités locaux d’information nucléaire) estiment le moment venu de publier, sous le titre "La Bretagne au cœur de la cible", un numéro spécial de "Nukleel" consacré au nucléaire militaire. Un gros succès, leur plus forte vente : 5000 exemplaires. La preuve est faite que les Bretons n’ont pas occulté ce problème.

 

Pershing contre SS.20. L’Europe au bord du gouffre.

 

 

Nous sommes alors au début d’une nouvelle période de tension Est-Ouest. Les arsenaux nucléaires s’accumulent en Europe. Fusées Pershing américaines contre SS.20 soviétiques. Les doctrines de dissuasion évoluent vers la notion de frappes chirurgicales sur des objectifs stratégiques. La presse multiplie les articles sur les effets d’une possible guerre nucléaire.


 

Le CODENE (Comité pour le désarmement nucléaire en Europe) est à l’origine des grandes manifestations des années 80 pour le désarmement nucléaire. Il est particulièrement actif en Bretagne.

 

 

 

 


 

Mobilisations en Bretagne.

 

L’un des points forts de la mobilisation en Bretagne sera l’organisation d’une manifestation dans la presqu’ile de Crozon le 10 juin 1984. Une première ! Jamais encore l’opération n’avait été tentée. La pression est forte, des centaines de gendarmes, maritimes et autres, ont été concentrés à l’entrée de la presqu’ile. Cela sent son Plogoff. Charles Hernu, ministre socialiste, a même mobilisé un hélicoptère qui filmera les manifestants pendant tout l’après-midi. Nous sommes pourtant plusieurs milliers à avoir répondu présents et malgré la provocation tout se passe dans le calme.


 


 

La terreur nucléaire, ça peut rapporter gros.

 

Des entreprises se mettent à espérer des profits avec la vente d’abris anti-atomiques à construire dans son jardin, livrés en kit à raison de 38 000 F (5800 euros) l’unité. Des "salons de la survie" trouvent leur clientèle. On peut s’équiper en famille depuis la tenue étanche jusqu’aux rations alimentaires lyophilisées pour six mois. Une combinaison avec son masque vous coûtera 1300 F (200 euros) mais pour un compteur de radioactivité il vous faudra compter 13 000F (2000 euros, prix 1980, TTC). Vos enfants grandissent ? On vous propose une bourse d’échange pour combinaisons enfants. Vous avez peur de ne pas bien comprendre les notices ? Des stages par groupe de 8 à 10 personnes sont organisés quatre fois par mois, gratuits si vous achetez abri et équipement. Vous avez peur de vous ennuyer dans votre abri ? On vous propose une littérature adaptée : La Troisième Guerre Mondiale - La 6ème Colonne - Guide de survie de l’armée américaine - La pluie jaune... et même la méthode du parfait opérateur radio pour communiquer de bunker à bunker (publicité Scorpio).

 

Marcellin-Bonnefous : le rapport hypocrite.

 

Depuis le début des années 80, les pouvoirs publics ont, eux-mêmes, alimenté la panique. Un rapport signé des sénateurs Marcellin et Bonnefous, daté d’avril 1980 confirme ce que chacun sait : en France il n’existe aucune protection de la population en cas de guerre nucléaire.

Il faut construire des abris, disent-ils, en précisant que : " Un examen des "points sensibles" de notre défense fournit déjà une première indication sur les objectifs de frappe d’un adversaire éventuel".

Point sensible ? Objectif de frappe ? A Brest on a compris. La ville a déjà été rasée pendant la dernière guerre mondiale et le seul abri connu est sous la préfecture maritime.

Plus stupéfiant, ces deux sénateurs d’une droite embarquée dans le programme électronucléaire, pointent du doigt les centrales nucléaires :

"Les entreprises publiques qui, tel Electricité de France, introduisent localement des éléments de risque, comme l’implantation de centrales nucléaires pouvant constituer des cibles privilégiées, devraient supporter le coût de la protection de la population" .

Il faudrait donc, à les en croire, que EDF paie la construction d’un abri atomique à proximité de chaque centrale. Qui osera, après cela, traiter les écologistes d’alarmistes !

Laissons les parlementaires de droite à leur incohérence et tournons-nous vers la gauche.

 

La gauche contre la bombe ?

 

Même si Pierre Mendès France et Guy Mollet en ont favorisé les premières recherches, c’est le Général de Gaulle, de retour au pouvoir en 1958, qui décide, sans débat national, que la France se dotera d’un armement nucléaire.

L’ensemble de la gauche française se mobilise contre cette décision. En 1963 elle crée la "Ligue nationale contre la force de frappe". En 1964, plus de 100 000 personnes manifestent à Sceaux contre la bombe. En 1967, François Mitterrand, réélu président de la Fédération de la Gauche Démocrate et Socialiste (FGDS), est catégorique :

"L’opposition de gauche met solennellement en garde l’opinion française contre la course à la bombe atomique dans laquelle le général de Gaulle a jeté notre pays en poursuivant la mise en oeuvre d’une force de frappe nationale. Il n’est pas de danger plus terrible pour la survie de l’espèce humaine. Ce que veut la France pour elle, Israël et l’Egypte, l’Hindoustan et le Pakistan le voudront pour eux. Et l’Allemagne à son tour et tous les états de la Terre. Il ne faut pas hésiter à le proclamer : la dissémination de l’arme nucléaire conduit à l’extension des conflits." (cité par les dossiers du Canard enchaîné - La force de frappe tranquille- n° 12 - 1984 )

Ces propos étaient alors en parfaite harmonie avec l’opinion des militants socialistes. Combien ne les reprendraient pas à leur compte aujourd’hui ?

Côté Parti Communiste, la tonalité est la même, en plus radical. Pour la masse des militants, le PC est le parti qui, en 1948, avait signé l’appel de Stockholm qui exigeait "l’interdiction absolue de l’arme atomique, arme d’épouvante et d’extermination massive des populations."

An 1966, le programme du PC, "Changer de Cap" est au diapason de cette volonté :

"La renonciation de la France à la stratégie nucléaire, dans le cadre d’une action résolue en faveur du désarmement, est un impératif de défense nationale authentique. Un gouvernement démocratique renoncera à la force de frappe nucléaire et aux armes atomiques tactiques ; il arrêtera immédiatement la fabrication et les essais, puis réalisera une série de mesures pour aboutir dans le plus bref délai possible à la suppression ou à la reconversion à des fins pacifiques des matériels, des usines et des bases militaires nucléaires."

Un électeur de gauche peut alors s’appuyer sur de visibles repères. Etre de gauche, c’est militer pour plus de justice sociale. C’est aussi se battre pour la paix mondiale et en premier lieu lutter contre les armes nucléaires. Des armes dont les cibles ne sont pas des objectifs militaires mais des villes peuplées de millions d’habitants sans défense.

Ce consensus se retrouve tout naturellement dans le "programme commun de gouvernement" signé par le PS, le PC et les radicaux de gauche en 1972 :

"Le gouvernement fondera sa politique de défense nationale sur les principes suivants : renonciation à la force de frappe nucléaire stratégique sous quelque forme que ce soit ; arrêt immédiat de la fabrication de la force de frappe française ; reconversion selon un échéancier précis de l’industrie nucléaire militaire en industrie atomique pacifique avec le souci de préserver les intérêts des travailleurs concernés"

La conclusion est radicale. Aucun recul ne sera toléré :

" en aucun cas les problèmes posés par cette reconversion ne serviront de prétexte au maintien de l’industrie nucléaire militaire."

Beaucoup de militants et d’électeurs de gauche restent persuadés que telle est, encore aujourd’hui, la position du PS et du PC. Et pourtant...

 

Le grand renoncement.

 

Le 21 juin 1977, Georges Marchais, le premier, met à mal cet héritage :

"J’ai consulté des spécialistes ; ils estiment que notre armée conventionnelle ne résisterait pas trois jours ; nous nous sommes donc par conséquent prononcés pour le maintien de la force de frappe nucléaire".

Les militants communistes n’en croient pas leurs oreilles. Pendant des années ils ont été au premier rang des manifestations contre la force de frappe, ils ont grossi les rangs du "Mouvement de la Paix" créé par Joliot. Et voilà que subitement, sans les consulter, on leur demande de se ranger derrière la plus réactionnaire des bannières ! Des cartes se déchirent. Chez beaucoup de ceux qui n’abandonnent pas le navire, le moral n’y est plus. Ils ne reconnaissent plus leur parti.

Les dirigeants socialistes n’attendaient qu’une occasion pour s’aligner. Georges Marchais la leur offre. Cela se fait plus sournoisement, par étapes. Le bureau exécutif du 9 novembre 1977, tout en affirmant que l’objectif reste l’abandon de la Force de Frappe, précise, qu’en attendant, l’armement nucléaire sera "maintenu en l’état".

Un moratoire donc, en attendant un plan de sortie du nucléaire militaire ?

A ceux qui nourrissaient cet espoir, la "convention" socialiste de janvier 1978 ôte toute illusion : l’expression "en l’état" est remplacée par l’expression "en état". Merveille de la langue française qui permet, par la différence d’une seule lettre, de dire une chose et son contraire.

Désormais les socialistes sont entrés dans la course à l’arme nucléaire. Une force de frappe en "état" doit avoir toujours plus de puissance, toujours plus de précision, toujours plus de sophistication, pour être "en état" de rivaliser avec les grands que sont les USA et l’URSS.

Les militants socialistes ne sont pas plus pro-nucléaires que les militants communistes. Des "vétérans" partiront sans fracas, bientôt remplacés par une "génération Mitterrand" pour laquelle la jouissance du pouvoir vaudra bien quelques accommodements avec l’idéal de Jaurès.

Beaucoup d’électeurs de gauche, cependant, gardent espoir. Cette nouvelle position, leur a-t-on dit, est tactique et destinée à attirer les voix des "gaullistes de gauche". La gauche, parvenue au pouvoir, ne développera pas la force de frappe.

La suite leur prouvera que, comme pour le nucléaire civil, la "gauche" sera la plus fidèle servante de la doctrine nucléaire.


 

 

 

1995. Stop essais

 

1995. Chirac décide de reprendre les essais nucléaires en Polynésie. La réaction est forte. Un collectif Stop Essais se met en place. La manifestation la plus massive a lieu à Crozon devant l’Ile Longue. 15000 manifestants !

 

 

 


Années 2000...

 

Avec la "gauche" comme avec la droite, la force de frappe française s’est constamment renforcée.

La doctrine elle même a évolué. Il s’agit maintenant d’une dissuasion du "fort" au "fou".

Les "forts" on les connaît. Ce sont ces pays du gang nucléaire qui s’étaient engagés à désarmer en échange du renoncement des "faibles" à ce doter de cet armement.

Les "fous", au besoin on les invente. Comme l’Irak, par exemple, dictature initiée au nucléaire "civil" par la France et qu’on a pu ensuite anéantir en l’accusant de menacer la paix mondiale par sa prétendue volonté d’acquérir l’arme nucléaire.

 

21 mars 2008 :

 

Un nouveau "Terrible" va être inauguré par Nicolas Sarkozy.

 

A Crozon, le réseau Sortir du Nucléaire denonce : " La France, au mépris de ses engagements internationaux, modernise et perfectionne son arsenal. Il ne s’agit plus de dissuasion, mais d’une escalade offensive et tactique"

 


 

Août 2008

 

Ouest-France - mardi 29 juillet 2008

 

L’Île Longue parée pour ses nouveaux missiles

 

La base de sous-marins nucléaires finistérienne s’est transformée pour accueillir les M 51. Trois ans de travaux et 260 millions d’euros.

Nouveau commandant de l’Île longue, base des quatre sous-marins nucléaires français lanceurs d’engins (SNLE), Bernard Jacquet a pris ses fonctions hier. Il dirigeait auparavant le bureau de la maîtrise des risques nucléaires au ministère de la Défense, à Paris. Il succède à Philippe Guégon qui part commander la base navale de Brest.

Bernard Jacquet sera chargé de mettre en service, en 2010, les missiles M51, dont 16 exemplaires équiperont chaque sous-marin, à commencer par Le Terrible, actuellement en construction. Chacun de ces missiles peut emporter six têtes nucléaires dont chacune représente dix fois la puissance de la bombe d’Hiroshima. « 55 tonnes au lieu de 35 pour les M45, 8 000 km de portée au lieu de 6000. Il est aussi plus large », explique Bernard Jacquet.

Hangars de maintenance agrandis

Il a fallu préparer le site finistérien à accueillir le M51. Les hangars de maintenance déjà vastes ont été agrandis ; la voie ferrée de 1 600 m qui transporte les missiles pour les amener aux deux bassins, où sont carénés les sous-marins, a dû être renforcée. Dans les bassins eux-mêmes, il a fallu changer les appareils de levage et renforcer leurs points d’appui. Un marathon débuté avec l’arrivée de Philippe Guégan, en 2005, et qui a coûté 260 millions d’euros. « Nous avons vécu toutes ces années avec 400 ouvriers supplémentaires pour ce chantier », se souvient Philippe Guégan.

« Le Terrible, premier sous-marin à être construit pour le M51, arrivera ici dans six mois », ajoute le commandant Bernard Jacquet. Ce sera le moment des essais grandeur nature du M51. Un missile qui a déjà été testé deux fois dans le centre d’essais des Landes, en plein air, « et qui sera testé sous l’eau cet automne, dans une piscine creusée exprès », commente un cadre de Spectrum, la filiale d’EADS qui assure la maîtrise d’oeuvre du programme M51, de sa conception à l’adaptation du site de l’Ile Longue, en passant par la maintenance. « Jamais nous n’étions allés aussi vite pour valider une arme aussi complexe. »

« Ces missiles seront assemblés à Guenvenez à côté de l’Île Longue », explique Philippe Guégan. Les M45 étaient assemblés en Aquitaine. Ce travail nécessitera la présence de 120 ingénieurs sur la presqu’île de Crozon. Enfin, il va falloir également adapter les sous-marins. Le Vigilant, mis en service en 2004, entrera en grand carénage pour deux ans en 2010. Les seize alvéoles seront alors adaptées à la nouvelle arme majeure de la défense française.


 

Janvier 2010

 

 

Missile nucléaire M51. Quatrième essai au large de Penmarc’h.

 

Le télégramme 28 janvier 2010

Hier, le 4e tir d’essai du missile M51 a eu lieu au large de Penmarc’h. Il devrait équiper, à terme, les quatre sous-marins nucléaires basés à l’Ile-Longue.

Le tir de missile nucléaire M51 a bien eu lieu, hier matin, à partir du sous-marin Le Terrible. Ce tir expérimental, le quatrième du genre mais le premier en mer, a été effectué à 9h25, au large de Penmarc’h. Les marins-pêcheurs du Sud-Finistère, et notamment les langoustiniers bigoudens, ont entendu et suivi le décollage du missile s’apparentant à une petite fusée Ariane. Attendu en mer, de l’autre côté de l’Atlantique, le missile stratégique, dénué de charge nucléaire, aété suivi durant son vol d’une quinzaine de minutes par les moyens du centre DGA Essais et missiles de Biscarrosse et de Quimper, ainsi que par le bâtiment d’essais et de mesures Monge, situé au plus près de la zone d’impact.

Une arme de nouvelle génération

Dans un communiqué adressé hier matin, le ministre de la Défense, Hervé Morin, exprimait sa grande satisfaction en rappelant que cette arme de nouvelle génération est destinée à équiper, à partir de 2010, les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins basés à l’Ile-Longue, en presqu’île de Crozon.


 

Essai réussi pour le nouveau missile nucléaire français contesté

 

Le Monde 27.01.10

La France a réalisé, mercredi 27 janvier, avec succès le premier tir d’essai de son nouveau missile nucléaire stratégique M51 depuis un sous-marin, après trois tirs réalisés depuis des installations terrestres, a annoncé le ministère de la défense. "Hervé Morin, ministre de la défense, exprime sa grande satisfaction après le succès, ce jour, du quatrième vol expérimental du missile stratégique M51 effectué, comme toujours, sans charge nucléaire", déclare le ministère dans un communiqué.

Le tir a été réalisé "à 9 h 25, depuis la baie d’Audierne, dans le Finistère, à partir du sous-marin Le Terrible" et "s’est déroulé comme prévu", précise le communiqué.

Le M51 est un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) à trois étages, d’une hauteur de 12 mètres, d’une masse totale supérieure à 50 tonnes, qui est destiné à équiper à partir de 2010 les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de nouvelle génération de la Force océanique stratégique. L’ogive du M51 peut contenir plusieurs têtes nucléaires MIRVées, c’est-à-dire qui suivent chacune leur trajectoire lors de leur entrée dans l’atmosphère.

Sa mise en œuvre est toutefois contestée, y compris au plus haut niveau de l’armée.

En 2004, le général Etienne Copel expliquait dans Société civile, publication du think-tank iFRAP, que l’actuel missile équipant les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, le M45, "porte à 4 000 kilomètres, ce qui est bien suffisant", une portée permettant, selon lui, de menacer New York, Alger et Moscou en même temps depuis le même sous-marin. Le général Copel soulignait également que les M45 "ont été testés". "On sait qu’[ils] fonctionnent", ajoute-t-il, alors que la réglementation internationale actuelle ne permettra pas de tester les têtes nucléaires. Selon lui, "remplacer les M45 par les M51 (...) n’est pas un progrès. C’est une régression. Qui nous coûtera environ 15 milliards d’euros".


 

Un général français contre l’arme nucléaire

 

Ouest-France mardi 13 avril 2010

Pilote de chasse de formation, Bernard Norlain est général « cinq étoiles », le plus haut grade des armées.

La semaine dernière, à Brest, le général Bernard Norlain était l’invité de l’Université européenne de la paix.

 

Trois questions à Bernard Norlain, général de réserve, directeur de la Revue de la Défense nationale.

 

Un monde sans armes nucléaires est-il imaginable ?

Oui, c’est imaginable et, surtout, absolument nécessaire dans le contexte stratégique actuel. Deux phénomènes le caractérisent. D’une part, la prolifération nucléaire avec la multiplication des pays qui possèdent ce type d’arme. D’autre part, la banalisation de l’arme atomique, ce qui signifie des perspectives d’emploi. Aujourd’hui, il y a un accroissement considérable du risque de conflit nucléaire.

En théorie, le nucléaire est pourtant l’arme dissuasive par excellence, celle du non-emploi...

En France, on est passé de la dissuasion du faible au fort, du temps de l’Union soviétique, à la dissuasion du fort au faible, ou du fort au fou. Cela conduit à l’emploi en premier de l’arme nucléaire, aux frappes préemptives et à une utilisation offensive. On parle désormais d’usage de l’arme nucléaire contre des centres de commandement ou de décision, et non plus seulement de frappes anti-cités. C’est la fin du tabou nucléaire. Or, personne ne peut dire qu’on saura contrôler cette réaction en chaîne. La seule solution, c’est un désarmement nucléaire général et total.

Obama annonce que les États-Unis n’utiliseront pas l’arme nucléaire contre un pays qui ne la possède pas. Est-ce une avancée significative ?

Je pense que oui. C’est une évolution importante dans la mentalité américaine. Cela veut dire qu’il n’y aura pas de nouvel Hiroshima. Obama a mis en marche une dynamique. Il dit aussi que les États-Unis ne développeront pas de nouvelles armes. C’est fondamental. Le processus de désarmement sera très long. Au moins 15 ou 20 ans. Raison de plus pour annoncer dès maintenant l’objectif.

Propos recueillis par Olivier MÉLENNEC


 

Désarmement nucléaire. Le général militant

 

9 avril 2010 Le Télégramme

Ancien commandant de la force aérienne, Bernard Norlain est général cinq étoiles, à la retraite depuis 1996. Farouchement opposé à la prolifération de l’arme nucléaire, il nous explique pourquoi le système n’est plus, selon lui, adapté et l’importance d’un désarmement nucléaire dans les plus brefs délais. Il est signataire, aux côtés des anciens ministres Michel Rocard et Alain Juppé, d’un retentissant appel au président de la République, afin d’essayer de renverser la vapeur.

Un militaire de votre rang n’a-t-il pas le sentiment d’être le mouton noir des armées ?

En effet, parmi les hauts gradés de ma génération, je me sens un peu seul. Mais parmi les plus jeunes, l’idée commence à se développer. La menace nucléaire issue de la Guerre froide et qui avait sa justification n’a plus de raison d’être.


Pourquoi faut-il désarmer au plus vite ?

Parce qu’on a changé de logique. On est passé d’une arme de dissuasion de non-utilisation, à une arme nucléaire aujourd’hui capable de frappes sélectives. Cela signifie que les nouvelles armes nucléaires sont conçues pour s’en servir. Le tout sur fond de prolifération inéluctable.

Et si l’on ne fait rien ?

Il arrivera bien un jour où cette arme nucléaire sera utilisée. Qui fera le premier pas ? Quel en sera l’enchaînement funeste ?

Combien de temps faudrait-il pour supprimer le stock nucléaire militaire mondial ?

Dans le meilleur des cas, si l’on s’y prend dès aujourd’hui, entre 15 et 20 ans. Et pour s’assurer que les pays les plus menaçants participent à la dynamique, il faudrait se donner des moyens de contrôles et de contraintes.


Quel est le risque majeur aujourd’hui ?

Il est multiple. Il s’étend des pays émergents dans le nucléaire militaire, à la menace terroriste, jusqu’à l’accident. On prend un risque énorme à ne pas suivre la voie du désarmement.


On dit que ces armes sont « mieux dosées », moins nocives après coup ?

Foutaises ! Ces missiles n’ont jamais été aussi puissants. Malgré les « progrèsavancés », les zones touchées resteront contaminées pendant des décennies. Et on n’aura pas plus de contrôle sur le nuage et les particules mortelles en suspension qui ne se gêneront pas pour faire le tour de la planète.

* Propos recueillis par Stéphane Jézéquel

voir aussi : Pour un désarmement nucléaire mondial, seule réponse à la prolifération anarchique, MM. Juppé, Norlain, Richard et Rocard


 

Décembre 2010 Juppé remet ses bottes.

 

Se croyant définitivement mis en réserve de la politique, Juppé jouait les humanistes. Il faisait dans l’écologie, il avait même mis un peu d’eau dans son vin nucléaire.

Il avait signé le 14 octobre 2009, un texte avec Michel Rocard, Alain Richard (ancien ministre PS de la défense) et le général Norlain, "pour un désarmement nucléaire mondial". Les deux anciens Premiers ministres s’alignaient ainsi sur la position du président Obama - qui fait criser quelques dents dans l’establishment français. Les signataires appelaient entre les lignes à un désarmement français en écrivant que notre pays devait "en tirer les conséquences le moment venu quant à ses propres capacités".

Oui mais voilà, le goût des ors de la République a été le plus fort. Sauf qu’on ne devient pas ministre de la défense sans donner des gages, quitte à manger son chapeau.

Il sera donc à l’Ile Longue ce 1er Décembre 2010 et côté militaire le message est compris :

" Moins de deux semaines après avoir été nommé à l’Hôtel de Brienne par le président de la République, Alain Juppé se fera présenter l’Ile Longue et les SNLE de la Marine nationale, dont le dernier exemplaire, Le Terrible, a été admis au service actif le 20 septembre dernier."


Quand les socialistes persistent et signent !

 

"Dissuasion nucléaire : je maintiendrai", par François Hollande

La dissuasion nucléaire est indissociable de notre statut de grande puissance, comme l’est aussi notre participation au Conseil de sécurité des Nations unies, avec un droit de veto auquel je n’entends pas renoncer. Elle est le recours ultime et suprême de notre pays s’il était menacé dans son intégrité ou son existence. Le contexte international actuel ne laisse pas présager que le temps de la dissuasion nucléaire serait désormais dépassé : de nouvelles puissances sont apparues durant les quinze dernières années, d’autres ont cherché et cherchent encore à émerger dans ce domaine. Alors que de nombreux pays arment ou réarment, nous ne devons pas baisser la garde : notre effort pour la paix dans le monde, pour le désarmement et pour la construction européenne, va de pair avec notre volonté de préserver les intérêts vitaux de notre nation. Dans un monde désormais multipolaire et face à une menace multiforme, vouloir la paix ne saurait s’envisager par un désarmement unilatéral. Un responsable politique ne peut ignorer que l’histoire est tragique.

Je veux donc, si je suis élu président de la République, m’inscrire dans la continuité de Pierre Mendès France qui décida, en tant que président du Conseil, la fabrication d’une arme nucléaire, de Charles de Gaulle, qui eut la volonté farouche de construire notre dissuasion en conservant sa pleine indépendance, de François Mitterrand, qui ne recula pas quand les SS 20 étaient à l’Est. Je fais miens ses mots : "La stratégie de la France, pays détenteur de l’arme nucléaire, n’est ni offensive, ni défensive, elle est de dissuasion, ce qui veut dire, en termes encore plus simples, qu’elle a pour but essentiel d’empêcher le déclenchement de la guerre." La dissuasion nucléaire demeure aujourd’hui encore la garantie fondamentale de notre sécurité. Elle nous donne le pouvoir d’être maîtres de nos actions, de notre politique, de la pérennité de nos valeurs démocratiques et de notre destin. Dès lors, il ne saurait être question pour moi de transiger avec notre indépendance et notre intégrité.

Aujourd’hui, nos moyens nucléaires sont organisés en deux composantes. La force océanique stratégique nous donne la capacité de frappe partout où la menace suprême pourrait se manifester. Depuis le lancement du sous-marin nucléaire lanceur d’engins "le Redoutable" le 28 janvier 1972, jusqu’à l’admission au service actif du sous-marin de nouvelle génération "le Terrible" en septembre 2010, nous avons toujours été en capacité d’assurer la défense de notre pays. Aujourd’hui les sous-marins de nouvelle génération assurent la permanence de notre dissuasion. Cette composante est modernisée, puissante et ses moyens de frappe contribuent à faire de la France un pays respecté. Elle est l’ultima ratio. Nous maintiendrons sa capacité et sa crédibilité.

La composante aéroportée offre au décideur politique, c’est-à-dire au président de la République, les alternatives, les complémentarités et les capacités d’adaptation indispensables dans un monde et face à des acteurs en perpétuelle mutation. L’armée de l’air française dispose à présent, avec le Rafale équipé du missile ASMP-A, de ce qui se fait de plus performant dans le domaine aérien. Les derniers exemplaires, équipés de la tête nucléaire aéroportée, ont été livrés en 2011. Depuis 2010, la capacité nucléaire aéroportée modernisée est opérationnelle sur le porte-avions Charles de Gaulle. La France, grâce à son effort soutenu, a donc fini de payer les investissements nécessaires à cette capacité. Visible et donc démonstrative en cas de crise majeure, cette deuxième composante nous permet d’éviter toute montée mécanique vers les solutions les plus extrêmes, parce qu’elle est réversible. Nous disposons donc de moyens proportionnés et suffisants, que j’entends maintenir.

La possession de l’arme atomique crée pour la France avant tout des responsabilités et des devoirs sur la scène internationale et va de pair avec des efforts de désarmement. C’est parce qu’elle respecte pleinement ses obligations de puissance nucléaire qu’elle est fondée à combattre sans faiblesse et sans concession ceux qui, dans le monde, ont engagé des programmes dangereux pour sa stabilité. Je ne relâcherai donc en rien les efforts pour résoudre, avec nos partenaires, les crises de prolifération en Iran ou en Corée du Nord. Je veux contribuer à ce que le droit, les traités et les décisions du Conseil de sécurité soient pleinement respectés.

Même si elle ne doit jamais cesser de s’adapter, je serai le garant de la capacité de dissuasion nucléaire de la France. C’est une prérogative spécifique du président de la République : je la revendique et l’assume pleinement.

(Tribune publiée dans "le Nouvel Observateur" du 22 décembre 2011)


juin 2012

 

Paul Quilès Nucléaire un mensonge français.

Depuis plusieurs années, je défends activement l’idée du désarmement nucléaire, comme de très nombreuses personnalités* ayant exercé des responsabilités dans le domaine de la défense et des affaires étrangères.

Je sais que ce n’est pas un sujet qui passionne ce que l’on appelle l’opinion publique. Et pour cause ! Le discours officiel, en France tout particulièrement, prétend que l’armement nucléaire fait l’objet d’un « consensus », qu’il constitue une « assurance vie », une « garantie de notre sécurité et de notre indépendance », la condition de notre présence parmi les « grandes puissances »….Autant dire que ceux qui osent contester ces affirmations sont vite traités d’irresponsables.

Pourtant, l’armement nucléaire et la théorie de la dissuasion font partie de l’héritage d’une autre époque, celle de la guerre froide et de la course démentielle aux armements imposée par l’affrontement Est-Ouest pendant 45 ans.

Si le débat avait lieu – un débat que ne souhaitent pas les défenseurs intraitables du dogme- il apparaitrait qu’il s’agit d’un mode de défense inefficace, coûteux et dangereux. On verrait aussi que, contrairement à leurs affirmations répétées, il ne répond plus aujourd’hui aux défis mondiaux de la sécurité.

Ce sont ces thèmes que j’aborde dans un petit livre
(« Nucléaire, un mensonge français »),
qui sort en librairie** le 14 juin.
Lisez-le, il vous donnera peut-être envie d’en savoir plus et de débattre !

A écouter, Paul Quilès interrogé par radio ONU


Hollande sur Le Terrible, Le Drian à l’Île Longue

Nucléaire, un mensonge socialiste.


 

François Hollande a passé trois heures à bord du sous-marin le Terrible

Photo : Sébastien Panou Ouest-France jeudi 05 juillet 2012


Au Président Le Terrible et à son ministre de la Défense Le Triomphant. La Force océanique stratégique (FOST) n’en demandait pas tant.

Non seulement, pendant la campagne électorale, le candidat Hollande avait sanctuarisé le rôle de toutes les composantes de la dissuasion nucléaire française (sous-marine et aérienne), mais il a affirmé, hier, son rôle de chef de la dissuasion en plongeant à bord d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins (SNLE) qui rentrait de mission. Une plongée, au large de Brest, qui a permis au chef de l’État d’assister à une simulation d’un tir de missile M-51 et de bavarder avec l’équipage du SNLE Le Terrible qui bouclait une patrouille de 64 jours. C’était la première plongée d’un président de la République depuis 1974, année qui avait vu Valéry Giscard d’Estaing jouer au sous-marinier.

« Composante de la paix »

Alors que le Président se faisait hélitreuiller à bord du Terrible, le ministre de la Défense s’est rendu, comme prévu, la base de l’Île Longue (Finistère) qui accueille les quatre SNLE français. Jean-Yves Le Drian, accompagné de la députée brestoise Patricia Adam, nouvelle présidente de la Commission de la Défense, a, pour sa part, pu visiter le SNLE Le Triomphant et s’entretenir avec les personnels de la base.

Le ministre a précisé que ces visites concomitantes se voulaient « un acte fort », un signe que « la France affirme sa souveraineté dans un monde instable aux risques nombreux ». Jean-Yves Le Drian a aussi estimé que la force de dissuasion française était « au niveau de suffisance [...], pas plus, parce que ce serait une position agressive ».

« C’est un des fondamentaux de notre vivre-ensemble. C’est notre sécurité. Le contexte est peut-être différent mais le principe reste le même. C’est une composante de la paix », a ajouté le ministre de la Défense pour qui le débat sur la question de la dissuasion nucléaire « est permanent ». Ce n’était pas l’avis de la quarantaine de manifestants du Mouvement de la paix, qui l’attendaient à la sortie de l’Île Longue et qui n’ont pu le rencontrer.

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Composante de la paix ou mensonge socialiste ?

Paul Quilès- Nucléaire un mensonge français : "on ne m’a toujours pas expliqué à quoi servirait éventuellement le missile M51, dont on a augmenté la portée de 6000 à 9000km. S’agit-il d’avoir la capacité de dissuader la Chine ? J’aimerais comprendre à quoi sert cette arme dont j’ai entendu vanter les mérites pendant des années"

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2017. Jupiter descend du ciel.

 

Pêche au gros au large de Brest.

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A suivre :

A vol d’oiseau, il y a 30 kilomètres entre Plogoff et la base de sous-marins nucléaires de l’Ile Longue dans la rade de Brest.

Comment ! nous disaient certains, quand nous luttions contre la centrale de Plogoff, vous vous battez contre une inoffensive centrale et vous oubliez que vous avez à votre porte de quoi provoquer la mort de millions de personnes ?

Erreur, nous n’oublions pas.

La série d'articles qui suit en témoigne.

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Janvier 2017. La violence se déchaîne partout dans le monde (guerre en Syrie, en Irak, au Mali, attentats en France...) et s’affiche chaque jour dans les médias. Avec un groupe d’amis nous parlons de guerre et de paix autour d’un pot au "Réveil matin" à Landerneau. 

 

"La géographie a peut-être fait de Brest un haut lieu de notre destin". Ainsi parlait De Gaulle en ce jour de février 1965 alors qu’il regagnait Brest après une visite sur le site de l’école navale à Lanvéoc Poulmic dans la presqu’île de Crozon.
 
Janvier-février 1981. Les comités qui luttent contre l’implantation d’une centrale nucléaire à Plogoff dans la Pointe du Raz sont persuadés, après la forte résistance qui a marqué l’enquête publique , que la victoire est au bout de leur combat. 
 
Le numéro 11 du journal Nukleel consacré au nucléaire militaire sous le titre "Au cœur de la cible" rendait compte d’un "Rapport sur le niveau de protection de la population civile française en temps de crise" publié "au nom de la commission des finances", daté d’avril 1980 et signé des sénateurs Marcellin et Bonnefous .

 

On avait tout fait pour nous persuader que l'arme nucléaire était une arme de paix. Cette certitude affichée reposait sur un principe simple : la stratégie anti-cités ou plus exactement la  "Destruction Mutuelle Assurée" par des missiles capables de détruire les principales villes du pays adverse. Par exemple ceux qui équipaient nos "terribles" et "triomphants" sous-marins nucléaires. Cette "dissuasion" partait du principe qu'aucun chef d'état ne serait assez fou pour provoquer la destruction, en retour, de son propre pays. Relever ici le cynisme, en anglais destruction mutuelle assurée se dit MAD (Mutual Assured Destruction ou ) signifiant tout simplement fou !
 
13 juin 1995. Quelle mouche a piqué Jacques Chirac ? A peine un mois après son élection il annonce, lors de sa première conférence de presse présidentielle, que la France va reprendre ses essais nucléaires dans le Pacifique !

 

Jean-Henry Bouffard, retraité de la marine a effectué deux campagnes dans le Pacifique et témoigne : " La pire des bombes a été Canipus, dans l’atoll polynésien de Fangataufa en 1968. 400 fois Hiroshima... Les poissons et les cocotiers ont tous grillé. La piste d’atterrissage a fondu. A 10 km, j’ai filmé le champignon. En short et en sandalettes. Au moment de l’explosion, on tournait juste le dos pendant 10 secondes."
 

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